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Juges

À propos

Juges
7:30
Panoramas de l'Ancien Testament
Juges

Dans le livre précédent, Josué a fini par conduire les tribus d'Israël en terre promise, et les a exhortés à rester fidèles à leur alliance avec Dieu en obéissant aux commandements de la Torah et en servant d'exemple aux autres nations. Le livre débute avec la mort de Josué et malheureusement, la suite de l'histoire est celle de la déchéance totale d'Israël.

Le titre du livre fait référence aux types de dirigeants qu'Israël a connus pendant cette période. Avant d'avoir des rois, les tribus d'Israël étaient gouvernées par des juges. On ne parle pas ici de ceux qui siègent au tribunal, il s'agit de dirigeants régionaux, politiques et militaires, plutôt proches des chefs de clans. Et on vous prévient, le livre des Juges est violent et très troublant. Il raconte l'histoire tragique de la corruption morale d'Israël, de sa mauvaise gouvernance et de la manière dont ce peuple lui-même est devenu semblable aux Cananéens.

Néanmoins, cette triste histoire vise également à susciter de l'espoir pour l'avenir, comme l'illustre la structure du livre. Une grande partie des chapitres 1 et 2 est consacrée à l'introduction qui plante le décor de l'échec d'Israël, qui n'est pas parvenu à chasser les Cananéens restants comme requis. La grande partie principale du livre (Juges 3-16) compile des récits sur la corruption croissante des juges d'Israël. La progression illustre ici comment ces dirigeants israélites sont passés de très bien à corrects, puis de mauvais à pires. La dernière partie (Jug. 17-21) est vraiment effroyable, dévoile le degré de corruption du peuple d'Israël dans son ensemble. Entrons dans le vif du sujet et explorons chaque partie un peu plus en détail.

Juges 1-2 : Compromis moral d’Israël en Terre promise

Dans la première partie, on voit chaque tribu d'Israël installée sur le territoire qui lui est propre dans la terre promise. Bien que Josué ait vaincu d'importantes villes cananéennes, il restait encore pas mal de terres à conquérir où de nombreux Cananéens vivaient encore. Au chapitre 1, figure une longue liste de groupes cananéens qu'Israël n'a pas réussi à chasser du pays.

Pour rappel, le but de l'expulsion des Cananéens était d'éviter l'influence de leur corruption morale et le culte de leurs dieux par le sacrifice d'enfants. Dieu avait appelé Israël à être un peuple saint et pourtant, ils en étaient vraiment loin. Le chapitre 2 décrit comment Israël en s'installant aux côtés des Cananéens a simplement suivi leurs traces en adoptant toutes leurs pratiques culturelles et religieuses.

Puis, juste là, au chapitre 2, le récit marque une pause et pendant la quasi totalité du chapitre, le narrateur nous donne un aperçu de tout ce qui doit se dérouler dans la suite du livre. Cette phase de l'histoire d'Israël se caractérise par une succession de cycles en spirale décadente. Israël devenait progressivement comme les Cananéens à force de pécher contre Dieu. Dieu permettait alors qu'ils soient conquis et opprimés par les Cananéens. Les Israélites finissaient par reconnaître leurs erreurs, se repentaient, et Dieu suscitait parmi eux un libérateur, un juge, qui leur assurait la victoire sur l'ennemi et instaurait une ère de paix. Mais, tôt ou tard, Israël se remettait à pécher et tout le cycle était relancé. Ce cycle, qui définit la structure littéraire et la trame de la section suivante du livre, se répète pour chacun des six juges principaux dont les histoires sont ici relatées.

Juges 3-16 : Six juges d'Israël, dont Gédéon et Samson

Les récits des trois premiers juges, Othniel, Ehud et Débora, sont des aventures épiques extrêmement sanglantes. Ce sont soit les juges eux-mêmes, soit des personnes qui les aident à vaincre leurs ennemis et à délivrer le peuple d'Israël. Les récits concernant les trois juges suivants sont plus longs et mettent l'accent sur leurs failles de caractère, qui ne font qu'aller progressivement de mal en pis.

Gédéon (Jug. 6-9) commence assez bien. Il est d'une nature plutôt lâche, mais il finit par croire que Dieu peut se servir de lui pour sauver Israël. Il parvient à vaincre une immense armée de Madianites avec seulement 300 hommes armés uniquement de torches et de cruches en argile. Toutefois, avec son tempérament impulsif, Gédéon assassine plusieurs de ses compatriotes israélites pour ne pas l'avoir aidé au combat. Et pour ne rien arranger, il se fabrique une idole avec l'or qu'il a gagné au combat, idole que tout Israël adore comme un dieu, après sa mort. Puis, le cycle recommence.

Le juge principal suivant est Jephté (Jg. 10-12), qui a un profil proche du caïd mafieux niché dans les collines. Israël s'étant retrouvé face à une situation des plus critiques, les anciens vinrent le trouver pour le supplier de les diriger. Jephté s'est en fait révélé comme un chef très efficace, puisqu'il a remporté de nombreuses batailles contre les Ammonites. Mais en fin de compte, il connaissait si peu le Dieu d'Israël qu'il le traita comme une divinité cananéenne en promettant de lui sacrifier sa fille s'il remportait la bataille. Cette tragédie révèle la profondeur du gouffre dans lequel Israël a sombré. Désormais ignorants du caractère de leur propre Dieu, ils s'adonnent aux meurtres et à de faux cultes.

Le dernier juge, Samson (Jg. 13-16), est de loin le pire. Sa vie commença sous les meilleurs auspices, mais il n'avait aucun respect pour le Dieu d'Israël, en plus d'être volage, violent, et arrogant. Il remporta des victoires à la fois stratégiques et brutales face aux Philistins, seulement au prix de son intégrité. Tout cela pour que ses jours s'achèvent dans un violent bain de sang lors d'un massacre de masse.

L'heure est à une brève remarque. Vous noterez qu'un thème récurrent ressort ici : à des moments clés, l'Esprit de Dieu investit chacun de ces juges de sorte à accomplir des actes significatifs de délivrance. Ce n'est pas parce que Dieu se sert de ces personnes qu'il approuve tous leurs choix, ou parfois le moindre. Dieu est déterminé à sauver son peuple, mais il ne dispose que de ces dirigeants pervertis pour y parvenir. C'est donc avec eux qu'il travaille.

Toute cette section du livre des Juges montre à quel point la situation s'est détériorée. Il n'est plus possible de distinguer les Israélites des Cananéens, et cela ne concerne que les dirigeants ! Et pour poursuivre sur cette lancée, dans son ensemble, la dernière partie montre qu’Israël touche le fond.

Juges 17-21 : Israël sombre dans l'autodestruction

Dans les chapitres 17-18 et 19 à 21, figurent deux histoires tragiques dont les âmes sensibles devraient s'abstenir. Elles sont ponctuées par une phrase clé qui est répétée quatre fois : « En ces jours-là, il n’y avait point de roi en Israël ; mais chacun faisait ce qui lui semblait être droit » (Jug. 17:6 ; Jug. 18:1 ; Jug. 19:1, et 21:25).

Dans la première histoire, un Israélite nommé Mika construit un temple privé dédié à une idole. Ce temple est ensuite pillé par une armée privée envoyée par la tribu de Dan. Les soldats de Dan volent tout, mais pire encore, ils réduisent en cendres la paisible ville de Laïch, dont ils exterminent tous les habitants. C'est une chose horrible que de voir Israël oublier son Dieu et marcher selon la raison du plus fort !

L'histoire suivante est bien pire : un récit choquant mêlant abus sexuels à une inqualifiable violence, qui conduira Israël à sa première guerre civile. Elle est d'un caractère extrêmement troublant, ce qui est le but recherché. Ces histoires servent d’avertissement. Si Israël s'est engagé sur la voie de l'autodestruction, c'est pour s'être détourné du Dieu qui l'avait sauvé de l'esclavage en Égypte. Désormais, ils ont besoin d'être délivrés à nouveau, mais d'eux-mêmes cette fois.

La seule lueur d'espoir se trouve dans cette phrase répétée dans la dernière partie, et qui constitue également la dernière phrase du livre : « Il n'y avait point de roi en Israël » (Jug. 21:25). Le décor est planté pour que les livres suivants retracent les origines de la famille du roi David (le livre de Ruth) ainsi que les origines de la royauté elle-même en Israël (Samuel).

Le livre des Juges est une perle dans l'exploration implacable des tréfonds de la condition humaine, mais au bout du compte, il présage de la grâce divine qui envoie un roi sauver son peuple.

Foire Aux Questions

Vous trouverez ci-dessous, certaines questions les plus couramment posées en ligne au sujet de ce livre.